Grève des enseignants : La revendication salariale à l’épreuve des contraintes financières et budgétaires


Quelques  jours après la rencontre  entre le Président de la République Pr Alpha CONDE et le syndicaliste Aboubacar SOUMAH,  les élèves  guinéens n’ont toujours pas repris le chemin de l’école.

Pour cause, les syndicalistes des enseignants guinéens restent intraitables sur la question de revalorisation  de 40% de la valeur monétaire  du point d’indice. En effet, les syndicalistes demandent un payement intégral de l’augmention demandée à court terme en cette année 2018 et non  de façon échelonnée souhaitée  par le gouvernement. Cette exigence constitue pour le gouvernement guinéen un véritable problème et le met dos au mur pour principalement trois raisons :

L’endettement excessif du compte du trésor public à la BCRG

Selon des informations recueillies  avec des sources internes et externes à la Banque Centrale de la République de Guinée, le compte du trésor public serait débiteur de plus de 2 mille milliards de nos francs. Cette situation serait principalement liée à une mauvaise exécution budgétaire à cause des dépassements dans l’autorisation des dépenses publiques.

Le gouvernement guinéen a rendez-vous le 26 mars avec le FMI

On le sait, la Guinée depuis 2011 est soumise au programme d’ajustement structurel du FMI ce qui l’exige à adopter certaines contraintes budgétaires en vue de cadrer ses indicateurs macro-économiques. Tenant compte de ces exigences, le gouvernement aura en réalité une marge de manœuvre très réduite pour décaisser  pendant la seule année 2018 un montant si important représentant 40% du rehaussement salarial pour plus de 1000 fonctionnaires.

La loi de finance 2018 en défaveur de la revendication syndicaliste

La loi de finance qui est une programmation des dépenses et recettes pendant  un exercice est un des outils pertinents de suivi de la bonne gouvernance d’un pays.  Une loi de finance avec un dépassement de plus de 10% peut provoquer un dysfonctionnement majeur dans l’équilibre macro-économique d’un pays.

Le gouvernement guinéen ne prendra certainement  pas le risque de tomber dans une instabilité économique à deux ans des grandes échéances électorales en accordant une hausse d’une telle envergure et de surcroît à effet rétroactif.


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