Journée mondiale de la liberté de la presse : Alpha Condé dit n’avoir jamais arrêté un journaliste malgré les dérapages


Le président Alpha Condé a conféré jeudi 03 mai avec les hommes de médias à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de la liberté de presse, organisée à la Maison de la Presse par les associations de presse en Guinée sous le thème : « Médias, justice et Etat de droit, contrepoids du pouvoir ».

Outre le président Alpha Condé, l’on notait également à cette cérémonie, la présence du chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo.

Une occasion que  le chef de l’Etat a mise à profit  pour rappeler aux  journalistes à plus  de responsabilités dans l’exercice de leur métier autour des  principes fondamentaux de la liberté de la presse. Il a demandé aux hommes de médias d’évaluer la liberté de la presse à travers le monde, surtout en Guinée qui vient d’être classée 104ème par Reports sans Frontières (RSF).

Dans son discours, le président des associations de presse en Guinée, Amadou Tham président du conseil d’administration a promis le chef de l’état d’engager des mesures correctives collectives pour permettre une  requalification des relations entre medias et les autorités.

Selon le président Alpha Condé, ce classement de l’ONG Reports sans Frontières ne reflète nullement l’image de la Guinée, eu égard aux actions menées par son gouvernement en faveur de la liberté de la presse. Avant de parler d’une complicité entre RSF et certains patrons des médias.

« C’est étonnant que la Guinée soit classée 104ème, quand des pays africains dits démocratiques mieux placés, des journalistes sont arrêtés et emprisonnés pour injures au chef de l’Etat. Je pense que vous ne contribuez pas à l’améliorer l’image de la Guinée. Je pense qu’avant de parler de vous aider, qu’est-ce que vous avez fait ? Vous discréditez l’image du pays. Tous les progrès que nous avons faits depuis 2011 sont sous silence comme si on était dans un pays où on maltraitait », a-t-il regretté.

« Aucun journaliste n’a été arrêté par le gouvernement, encore moins tué. Je vois aujourd’hui la Mauritanie où des journalistes sont arrêtés tout le temps est 54ème. Nous, on est 104ème, parce que vous présentez une image de la presse en Guinée qui ne correspond pas à la réalité. Alors comment voulez-vous qu’on vous appuie quand vous faites en sorte que tous les efforts faits pour la liberté de la presse sont tus. Et dès qu’il y a la moindre chose, vous faites du bruit (…). Moi je ne suis pas prêt à m’engager derrière vous quand vous continuez à piétiner tous les progrès que nous avons faits pour la liberté de la presse. Comment la Guinée peut être placée 104ème ? Il faut vous poser la question : qui est responsable ? », s’est interrogé le président Alpha Condé.

Alpha Condé n’arrête pas comme Ouattara ou Macky Sall

« Quand vous commencer à donner l’image qui est contraire à la réalité du pays, comment voulez-vous qu’on continue à écouter vos revendications. Est-ce qu’il y a un journaliste qui a été emprisonné depuis que je suis devenu président ? Est-ce que j’ai poursuivi un journaliste, à plus forte raison un journaliste tué ? Comment la Guinée a été placée 104ème ?  Il faut répondre à cette question. Quand vous répondez à cette question, je vous répondrai. Si vous ne répondez pas à cette question, je ne vous répondrais pas. Je prends l’exemple de la Côte d’Ivoire et le Sénégal. Des journalistes sont arrêtés pour outrage au chef de l’Etat. Est-ce qu’on a fait ça en Guinée ? C’est vous qui êtes responsables de l’image de la Guinée. Donc on ne peut pas discuter avec vous. Puisque tous les efforts qu’on a faits, c’est zéro (…).Reports sans Frontières n’en est pour rien. Est-ce qu’un journaliste peut insulter Alhassane (Ouattara) ou Macky Sall ? Vous savez bien ce qui va lui arriver. Pourquoi vous n’avez pas protesté auprès de Reports sans Frontières pour donner votre propre vision. Je ne vais pas continuer à faire des efforts pour être vilipendé et trainé dans la boue. Comment voulez-vous parler d’assistance financière ? ».

Soyez des « journalistes d’investigations »

« En plus, nous sommes dans un pays libéral. Nous ne sommes pas dans un pays communiste, où on oblige les sociétés à faire des publicités obligatoires. Le gouvernement n’a aucun moyen à obliger les entreprises de faire de publicités chez vous. Notre objectif est de faire en sorte que la presse guinéenne soit l’une des meilleures de la sous-région. Ce qui n’est pas le cas actuellement. Parce que nous ne voulons pas nous retrouver avec des Radios Milles Collines. Nous avons des radios en Guinée qui frisent Milles Collines. Un jour j’étais assis, j’ai appris que je veux vendre le port de Conakry aux turcs. Comment on peut vendre un port. Pourtant ce sont vos radios. L’aéroport de Conakry est géré par le fruit d’un partenariat public-privé avec l’aéroport de Paris. Mais ce sont vos radios qui disent qu’on a vendu.  En plus vos radios font passer des choses qui sont interdites, opposer les ethnies les unes contre les autres. Chaque fois, je dis, vous ne faites jamais d’enquêtes. Votre défaut, c’est que vous ne faites jamais d’enquêtes. Un journaliste doit apprendre à faire des enquêtes avant de balancer. Ce n’est pas pour rien qu’on dit que la presse est le 4ème pouvoir. Regardez-vous dans un miroir, voir l’image qu’il vous renvoie. Le dernier cas, c’est l’affaire Bolloré. Qui a cherché à savoir ? Après vous allez dire c’est à Paris, vous allez vous expliquer. C’est à Paris qu’on va s’expliquer parce qu’aucun de vous n’a cherché à savoir s’il y a la vérité. Alors nous allons passer sur TV5 ou France24. Et je vais porter plainte en France pour dénonciation calomnieuse. Vous, qu’est-ce que vous faites ? Vous n’avez  jamais protesté quand on raconte des histoires sur votre pays, parce que vous continuez à désinformer la population. »

La journée mondiale de la liberté de presse a été instituée par les Nations-Unis en décembre 1993. Cette journée est célébrée le 3 mai de chaque année pour sensibiliser sur l’importance de la liberté de la presse, aussi une occasion de rappeler au gouvernement leur devoir de promouvoir et de défendre la liberté fondamentale de cette entité.


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