Finances numériques: la monnaie cryptographique à la porte de l’Afrique


La révolution numérique en cours est en train de changer drastiquement nos habitudes et nos comportements à tous les niveaux. Acheter son pizza par internet, bénéficier d’une formation en ligne, réserver son billet sans bouger de chez soi sont des opérations qu’on a une ou plusieurs fois entendu parler. Ces opérations se font habituellement par des moyens de payements appelés carte de crédit (VISA, MasterCard, Paypal) ou par d’autres moyens de payement de téléphonie mobile (mobile money).

La nouveauté, c’est l’arrivée d’un autre moyen de payements numériques utilisable sur des reseaux informatiques décentralisés appelé cryptomonnaie.

La cryptomonnaie est une monnaie alternative 100 % virtuelle ; contrairement aux billets et aux pièces, elle n’a aucune forme physique. Générée par un logiciel open source et des internautes (appelés « mineurs », nous y reviendrons), cette monnaie cryptée peut être utilisée uniquement par la personne détenant le code de décryptage, qui peut être un mot de passe, une empreinte digitale, etc. Comme n’importe quelle monnaie traditionnelle, elle peut servir à effectuer des achats, des virements, des transactions financières ou du stockage de valeur. Il est possible d’échanger ces actifs contre des biens, des services, de l’argent (euros, dollars…) via des plateformes d’échange en ligne.  La différence, c’est que les transactions peuvent être réalisées très rapidement, à moindres frais et dans l’anonymat le plus total. Les cryptomonnaies comme le Bitcoin ou le Litecoin échappent à tout contrôle bancaire ou gouvernemental.

Toutes les informations relatives aux transactions de cryptomonnaie sont stockées sous forme de copies dans un réseau de fichiers appelé blockchain (ou chaîne de blocs). Ce réseau décentralisé qui fait office de banque centrale sert à la fois à répertorier l’ensemble des transactions de cryptomonnaie sur un grand livre de compte et à émettre des règlements. Ouvert et consultable par tout le monde sur Internet, cet immense registre contient des traces écrites mentionnant le montant de chaque transaction, une adresse de l’émetteur et du destinataire ainsi qu’une empreinte cryptographique.

En Afrique, après la réussite du mobile money, beaucoup d’analystes prevoient un avenir doré aux crytomonnaies en raison du goût prononcé de ce continent pour les High Tech.

En 2017, le volume d’échanges de bitcoins au Nigeria a enregistré une croissance de 1500% comparativement à 2016, soit le deuxième plus haut taux de croissance à l’échelle mondiale après celui de la Chine. Durant le mois d’avril dernier, le volume d’échanges hebdomadaire de la plus célèbre des monnaies virtuelles a atteint 4,3 millions de dollars, un niveau identique à celui enregistré au cours de la même période au Canada, selon des données publiées par Paxful, une plateforme d’échange de bitcoins pair-à-par (P2P).

Paxful a également annoncé en mars dernier qu’elle réalise en moyenne un volume de 40 millions de dollars par mois en Afrique. Ce leader mondial d’échange de bitcoins P2P, qui offre plus de 300 modes de paiement allant du cash aux cartes cadeaux en passant par Paypal et les cartes bancaires, a par ailleurs fait savoir que le Nigeria et le Ghana occupent respectivement le 2è et le 3è rangs dans le classement de ses plus grands marchés en termes de volume, derrière les Etats-Unis.

Hormi ces deux pays, la monnaie cryptographique commencent son implantation dans des pays comme le Kenya, l’Afrique du Sud et les pays maghrébin.

Alseny DIAKITE pour Guinée émergence


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