Politique: A l’UFDG, Des militants se disent inquiets des prises de position du maire Samba Diallo


La volonté du maire  Samba Diallo, issu de l’Union des Forces démocratiques de Guinée (UFDG, principal parti de l’opposition guinéenne), de ne pas autoriser les manifestations politiques dans sa circonscription communale commence à sérieusement donner de la sueur froide au sein de sa propre formation politique.

En effet, à l’UFDG si quelques militants préfèrent ne pas encore douter de la loyauté du vieux Samba envers son parti qui l’a propulsé à la tête de la mairie de Dixinn après un bras de fer particulièrement tendu avec le candidat de la majorité Aboubacar Soumah, une bonne frange des cadres et militants commence à s’interroger sur ses réelles motivations. La cause? Aucune manifestation à Dixinn depuis qu’il dirige cette commune stratégique de Conakry. Plus grave, le maire Samba dans ses argumentations d’interdictions de marches politiques évoque plutôt le Ministre de l’Administration tout en mettant de côté les réclamations de son parti.

Ousmane Gaoual Diallo le bouillant député uninominal de Gaoual, rapporté par nos confrères de Guineenews, parle « du devoir de solidarité comme un impératif  au sein de l’UFDG » sur sa page Facebook sans explicitement évoquer le maire.  D’autres militants UFDG rencontrés par notre rédaction expriment aussi cette inquiétude. Pour Saliou Camara 32 ans habitant au quartier Matoto-centre, Samba Diallo doit faire attention et œuvrer à mieux défendre le parti auquel il doit son ascension politique. Pour Hamidou ly résident au quartier Hafia, l’inquiétude est d’autant plus grande qu’on s’achemine vers les grandes élections du pays à savoir les élections législatives et présidentielles où les manifestations politiques représentent les seuls moyens de contenir les ambitions politiques du Président actuel qui veut s’offrir un troisième mandat contre la volonté du peuple. Quand à Alseny Diallo, il dit craindre le cannibalisme du parti au pouvoir par le fait de la corruption. Selon lui, cette démarche consiste à acheter la loyauté des cadres des partis adverses et les utiliser finalement contre leur formation politique d’origine.

Les militants de l’UFDG ont-ils raison de s’inquiéter face à cette situation? Seul l’avenir nous édifiera. Pour l’heure, ce que nous pouvons dire avec plus de certitudes est que: En Guinée, les manifestations sont interdites par le gouvernement depuis bientôt un an. La Cour Suprême a récemment rejeté une requête introduite par des ONGs de défense des droits humains.

Nous y reviendrons.

Maurice CONDE/Directeur de Publication Guinée émergence