Perte fiscale : l’Afrique perd jusqu’à 99 milliards de dollars par an


Le constat est alarmant ! L’Afrique est une véritable passoire « fiscale ». Alors que les recettes fiscales des pays riches représentent environ 35 % de leur produit intérieur brut (PIB), elles dépassent rarement 15 % du PIB dans les pays de l’Afrique subsaharienne. les fuites interviennent à tous les niveaux: de l’insuffisance criarde de main d’œuvre qualifiée à la corruption généralisée en passant par un état archaïque des économies évoluant à ¾ dans l’informel. A ce niveau, les pertes sont très élevées en raison des difficultés de recouvrement pour manque d’information des entreprises non structurées. La Guinée n’est pas épargnée de cette triste réalité. La chaîne panafricaine d’information continue Africa 24 a relayé dans une de ses publications une saignée financière de plus de 100 millions de dollars chaque année en défaveur de la Guinée.  Un fait qui semble préoccuper le bouillant Aboubacar Makissa Camara depuis son arrivée à la tête de l’administration fiscale guinéenne avec une multiplication d’action pour sécuriser et maximiser les recettes fiscales: récupération des précomptes au niveau des sociétés de la place, bancarisation des recettes fiscales, mise en place d’un NIF Permanent, les centres de Gestion Agrées,…

Ces actions ont le mérite de permettre à la Guinée de prendre une belle allure quand à la modernisation complète de son administration fiscale avec une croissance fiscale de plus de 100% en passant de 3mille milliards à 7mille milliards. Des efforts devraient être orientés vers la fiscalité immobilière pour continuer l’ascension.

Ce qu’il faut faire pour redresser la barre à l’echelle continentale

En Guinée comme dans les autres pays africains, la digitalisation des économies s’avère comme une voie royale pour une amélioration de la gestion fiscale et cela passe forcement par la dématérialisation des moyens de payement et la numérisation de l’économie ce qui aura pour avantage d’élargir la base d’imposition. Des efforts nécessaires à l’Afrique pour se donner les moyens de son propre développement. Il faut y parvenir à tout prix.

Maurice CONDE/DP Guinée émergence