Dette africaine : le cercle infernal tenu par la malgouvernance


L’épidémie Coronavirus, véritable menace pour l’humanité, est aussi un désastre pour l’économie mondiale particulièrement celle des pays africains.En effet, la dette africaine s’élève à 365 milliards de dollars dont 40% détenus par la seule Chine. Cette colossale dette représentant 60% du PIB de l’ensemble des Etats africains a été contractée au fil du temps en trois étapes : D’abord les années 60 au lendemain des indépendances de plusieurs états africains où plusieurs économies africaines ont profité des prêts concessionnels des anciennes puissances colonisatrices. Les années 70, les institutions de Bretton Woods ont tenté de restructurer les économies africaines par le billet d’un libéralisme économique non maîtrisé. Résultat: échec patent pour la plupart des pays africains. Ces Etats, au lieu de créer des bases infrastructures susceptibles de soutenir les programmes d’Ajustement structurels, se sont plutôt illustrés sur le terrain de la mal gouvernance avec ses corollaires de mal gouvernance économique. Cette situation ne s’est guère améliorée avec l’arrivée de la Chine au début des années 2000 comme puissante bailleuse de fonds peu exigeante sur les critères de gouvernance mais plutôt préoccupée par son agenda géopolitique.

Aujourd’hui, la problématique de la dette africaine reste enfermée dans un schéma d’endettement cyclique marquée par des cas avérés de détournement des fonds publics mis à disposition par des partenaires financiers pour des projets de développement.

Plusieurs pays africains ont connu des allègements de dette ces dernières années, au titre de l’initiative de la Banque mondiale et du FMI en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Mais le cercle vertueux escompté ne s’est pas enclenché : le Congo-Brazzaville, par exemple, dont la dette a été divisée par trois en 2005, est à nouveau endetté à plus de 100 % de son PIB. « Il ne faut pas perdre de vue la question de la mal gouvernance et de la corruption qui gangrènent certains régimes sur le continent. On parle d’un cycle infernal de l’endettement pour le financement d’un développement qui n’est toujours pas là », explique Bakary Sambé, directeur du Timbuktu Institute basé à Dakar.

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